Un audiogramme permet de visualiser les fréquences sonores que chaque oreille perçoit encore. Pour comprendre un résultat d’audiogramme, il faut regarder à la fois les fréquences concernées, le niveau sonore nécessaire pour les entendre et la différence éventuelle entre les deux oreilles.

Lire les deux axes de l’audiogramme

L’audiogramme est un graphique. L’axe horizontal, de gauche à droite, représente les fréquences, exprimées en hertz (Hz). Elles vont des sons graves aux sons aigus. Les graves se situent vers 250 Hz, tandis que les aigus utiles à la compréhension de la parole se trouvent souvent entre 2 000 et 8 000 Hz.

L’axe vertical indique l’intensité sonore, en décibels (dB HL), nécessaire pour percevoir un son. C’est le point qui surprend le plus souvent : plus le résultat descend sur le graphique, plus il faut augmenter l’intensité pour que le son soit entendu. Une courbe basse traduit donc un seuil auditif plus élevé, et non une meilleure audition.

Lors du test, des sons pulsés sont diffusés dans un casque ou des écouteurs. Vous signalez dès que vous les percevez. Le testeur détermine alors le niveau minimal audible pour chaque fréquence. Ce seuil est reporté sous forme de symboles.

Oreille droite et oreille gauche

Chaque oreille est mesurée séparément. Selon la présentation utilisée, l’oreille droite est souvent représentée en rouge avec des ronds, et l’oreille gauche en bleu avec des croix.

Comparer les deux côtés est essentiel. Une baisse similaire aux deux oreilles est courante, notamment lorsque l’audition évolue progressivement avec l’âge et après des années d’exposition sonore. À l’inverse, un écart net entre la droite et la gauche mérite une attention particulière. Il peut conduire à recommander un contrôle auprès d’un médecin ORL, surtout s’il est récent, soudain ou accompagné d’acouphènes, de vertiges ou d’une sensation d’oreille bouchée persistante.

Comprendre un résultat d’audiogramme auditif selon le degré de perte

On parle souvent de perte légère, moyenne, sévère ou profonde. Ces catégories donnent un repère, mais elles ne racontent pas à elles seules votre expérience. Deux personnes ayant un résultat comparable peuvent vivre une gêne différente selon leur environnement, leur activité professionnelle, leur fatigue ou la qualité acoustique des lieux qu’elles fréquentent.

À titre indicatif, des seuils situés jusqu’à environ 20 dB HL sont généralement considérés comme dans la norme chez l’adulte. Entre 20 et 40 dB HL, la perte est souvent qualifiée de légère. Les conversations calmes restent accessibles, mais les voix faibles, la télévision ou les échanges dans le bruit deviennent plus gênant.

Entre 40 et 70 dB HL, on parle habituellement de perte moyenne. Sans compensation, une conversation à volume normal peut manquer de clarté, particulièrement lorsque plusieurs personnes parlent. Au-delà, la perte devient plus marquée. Les seuils chiffrés sont utiles, mais l’objectif concret reste le même : retrouver une communication plus confortable et moins fatigante.

Une baisse localisée dans les aigus peut déjà avoir des conséquences notables. Beaucoup de personnes entendent qu’on leur parle, mais ne distinguent plus certains mots. Les consonnes comme s, f, ch, t ou k, plus riches en fréquences aiguës, participent fortement à la précision de la parole. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’impression fréquente est : « J’entends, mais je ne comprends pas. »

Entendre les sons mais pas comprendre les mots

L’audiométrie tonale mesure des sons purs. Or, la vie réelle est faite de voix, de musique, de bruit de vaisselle, de circulation et de conversations qui se croisent. C’est pourquoi un bilan peut aussi inclure une audiométrie vocale : vous répétez des mots à différents niveaux sonores, parfois dans le calme, parfois avec un bruit de fond.

Ce test renseigne sur l’intelligibilité de la parole. Il est particulièrement utile lorsqu’une personne décrit une difficulté en réunion, au restaurant, en famille ou au téléphone malgré une perte tonale qui semble modérée. Il permet aussi de fixer des objectifs réalistes pour une éventuelle adaptation d’aides auditives.

Une aide auditive ne consiste pas à augmenter tous les sons de la même façon. Son réglage cherche à rendre la parole plus accessible sans créer d’inconfort, notamment face aux sons forts. La forme de l’audiogramme est une base de programmation, puis les réglages sont affinés selon vos retours dans vos situations habituelles.

Que faire après avoir reçu votre audiogramme ?

Si vos résultats montrent une baisse ou si vous ressentez une gêne, ne vous fiez pas uniquement à une moyenne en décibels. Posez des questions concrètes : quelles fréquences sont touchées ? Les deux oreilles sont-elles concernées de la même manière ? Ma compréhension de la parole a-t-elle été mesurée ? Cette baisse explique-t-elle mes difficultés dans le bruit ?

À Genève, Acoustique Tardy propose un bilan auditif et des conseils offerts pour relire les résultats avec vous et envisager une solution si elle est pertinente. Si les voix vous paraissent moins nettes ou si les échanges vous fatiguent, demander une explication claire est déjà une façon de mieux entendre demain.